Le mythe de la protéine et ses implications

Voici la traduction d’un article du Professeur T. Colin Campbell de l’Université de Cornell aux Etats-Unis au sujet des protéines. L’article traite particulièrement du lien entre les protéines animales et les risques de cancers. Le Professeur T. Colin Campbell a été membre du National Institue of Cancer du National Institue of Health. Il a consacré une large partie de sa carrière à cette question des protéines et du cancer.

La version originale de l’article est disponible ici

Le mythe de la protéine et ses implications

Il y a trois macronutriments dans la nourriture : les glucides, les lipides et les protéines, macro dans la mesure où ils constituent presque la totalité du poids et des calories de la nourriture. Les vitamines et les minéraux sont les micronutriments.

Un nutriment de première importance

Les protéines, depuis leur découverte en 1839, ont été considérées par beaucoup de gens comme étant un nutriment exceptionnellement important, en supposant souvent que plus on en mange, mieux c’est. Leur nom vient du grec « proteios » qui signifie de « première importance » – un début prometteur et quasi mystique pour l’avenir de ce nutriment ! Ajoutez à cela l’impression croissante par beaucoup de gens que les protéines sont exclusives à la nourriture d’origine animale.

Nous savons maintenant, cependant, que cette importance est exagérée, dans des proportions mythiques. Tout d’abord, les protéines ne sont pas exclusives aux aliments d’origine animale. A la fin des années 1800 il a aussi été découvert que les protéines étaient également présentes dans la nourriture végétale. Pourtant le mythe de son étroit, voire exclusif, lien aux aliments d’origine animale persiste toujours. Demander simplement aux vegan qui ne mangent pas de viande combien de fois on leur demande « Mais où vais-je trouver mes protéines ? »

La viande n’est pas la seule source de protéines

Ce parti-pris insinuant que la viande est la seule source de protéines a été encouragé pendant des décennies par la «science». Les études, par exemple, montraient que les protéines d’origine animale sont utilisées par l’organisme plus efficacement. Cette efficacité renvoyait parmi d’autres effets à l’augmentation du taux de croissance du corps, avec une plus grande efficacité décrite comme une plus grande «valeur biologique» ou meilleure qualité. Mais il n’y avait que les protéines animales qui avaient une haute qualité.

Parce qu’évidemment la plupart des gens aiment la haute qualité, les protéines animales sont donc devenues des protéines de choix. En effet, cette histoire a évolué à travers le prisme de la linguistique pour donner un profond paradigme auto-entretenu.

La « haute qualité » des protéines animales

Le problème avec cette assertion est que haute qualité ne signifie pas nécessairement meilleure santé. L’augmentation de la croissance du corps peut être utile pour la production d’animaux de ferme et la croissance des enfants, mais cela signifie aussi une croissance plus rapide des cellules cancéreuses, l’amélioration des conditions pour les maladies cardiaques et l’accélération du vieillissement – chacune d’elles a été documentée. Une croissance plus rapide des jeunes filles signifie une maturation sexuelle plus rapide, un plus grand niveau de circulation d’œstrogène et, éventuellement, un risque de cancer du sein plus élevé.

Mon laboratoire dans une longue série d’études menée sur plus de deux décennies a montré que l’expansion expérimentale du cancer est nettement stimulé par la consommation de caséine d’origine animal, la principale protéine du lait de vache. Cela est notamment dû au fait que cette protéine animale stimule la production de la même hormone de croissance que celle qui stimule la croissance des enfants. Les protéines d’origine végétale ont tendance à ne pas promouvoir ces événements, du moins pas avec une nourriture à des niveaux habituellement trouvés dans la nourriture complète du régime d’origine végétale. Ces résultats soulèvent l’importante question de la quantité et du type de protéines appropriées à consommer pour les individus, pour une santé optimale.

La bonne quantité de protéines

Pour répondre à cette question, considérons d’abord l’apport quotidien recommandé officiellement [le RDA, l’équivalent de l’AJR en France, NdT] Il fut d’abord déterminé et publié en 1943 par la prestigieuse National Academy of Sciences dans le but de soutenir une bonne nutrition pour l’armée américaine durant la guerre.

Cette évaluation commence par la détermination de la quantité de protéines devant être consommée pour compenser la quantité de protéines (en tant qu’azote) excrétée. Cette estimation, appelée l’apport journalier minimum, était d’environ 0,5 g/kg de poids corporel, l’équivalent d’environ 6% des calories totales du régime. Parce que cette estimation a été déterminée sur un petit échantillon aléatoire (de la population entière), il a été ajusté à la hausse d’environ deux écarts-types pour assurer un apport suffisant pour tout le monde. Cela est devenu 0,8 g/kg de poids corporel – l’apport quotidien recommandé (RDA) bien connu. Pour un homme adulte de 70 kg, cela fait 56g ; pour une femme de 60 kg, 48g. En supposant une consommation quotidienne de 2000 calories (cal) et une teneur énergétique des protéines de 4 cal/g , cela correspond à 11,2% de protéines alimentaires pour un régime de 2000 calories, ou 9,0% des protéines alimentaires pour un régime de 2500 cal. Afin d’arrondir pour plus de commodité, un régime avec 10% de protéines (le RDA) représente facilement suffisamment de protéines pour une bonne santé. Cette estimation, rendue officielle pour la première fois en 1943, a depuis été officiellement reconsidérée 14 fois par un groupe d’experts scientifiques, la fixant ainsi comme une donnée bien établie.

Comment ne pas manger trop de protéines ?

Mais puisque nous vénérons les protéines en général, et les protéines d’origine animale en particulier, un Américain moyen consomme environ 17% de protéines – et non pas l’apport quotidien recommandé de 10%. La question clef est alors quel genre de régime correspond à cette recommandation de 10% de protéines ? Une nourriture complète basée sur les végétaux fournit facilement les 10 % de protéines (même la pomme de terre pauvre en protéine a 8% de protéines) tout en incluant les innombrables autres nutriments nécessaires pour une bonne santé. Mais 90 à 95% d’entre nous consomment beaucoup plus de protéines que l’apport quotidien recommandé. Presque toutes les protéines en excès par rapport à cette recommandation proviennent des aliments d’origine animale qui apportent avec eux deux types de conséquences néfastes sur la santé, à savoir 1) les effets négatifs de la protéine elle-même et 2) le remplacement des avantages pour la santé des nutriments de la nourriture végétale.

Nos régimes riches en protéines animales proviennent de notre enthousiasme aveugle à l’égard des protéines, particulièrement des protéines animales. En conséquence, nos régimes sont moins bons que ce que nous imaginons, non pas à cause de la surconsommation d’un quelconque nutriments comme les protéines d’origine animales mais à cause de la sous-consommation d’innombrables autres nutriments provenant des végétaux.

Des preuves accablantes contre les protéines animales

Voici un petit échantillon de preuve particulièrement accablantes sur les protéines d’origine animales elles-mêmes, dont quelques-unes ont été disponibles pendant très longtemps. Une grande partie de cette preuve, choisie en raison de sa rigueur scientifique et de ses implications, a été signalé comme les effets de nutriments ou de groupes de nutriments isolés, mais gardez à l’esprit que la plupart de ces éléments de preuve refléteront également les changements parallèles dans d’autres nutriments qui s’ajoutent à ces effets néfastes.

Bien que précédé par plusieurs rapports sur l’association de graisses alimentaires avec des cancers dans les années 1960 et 1970 parmi différents pays, un rapport [1] de 1986 a montré que les augmentations presque linéaires des taux de cancer souvent observés avec les régimes riches en graisses sont principalement causés par la nourriture d’origine animale (le total de lipides et de protéines animales sont fortement corrélés, soit > 90%). [2]

Un rapport de 670 pages en 1997, rédigé par un groupe de 16 scientifiques de 10 pays, passant en revue la littérature mondiale sur les relations entre l’alimentation et le cancer, arrivait à la conclusion, comme une première recommandation, d’avoir une alimentation basée sur les végétaux.

Les maladies cardiaques ont longtemps été associées à la consommation de graisses animales [4] et de cholestérol sérique [5] bien que cette focalisation dès le début sur ces deux facteurs alimentaires ai maintenant aboutie à une analyse beaucoup plus complète. Dans la Chine rurale, par exemple, un groupement de maladies «occidentales» (« de riches ») (y compris de maladies cardiaques) est fortement corrélé avec le cholestérol sérique, qui est fortement corrélés à son tour avec les protéines animales [6]. Ainsi le rapprochement initial associant des maladies cardiaques aux lipides totaux, aux graisses saturées et au cholestérol est beaucoup plus susceptible de l’avoir été en tant qu’association à des protéines animales.

Dès 1922 et 1923, l’augmentation de la consommation de protéines animales était plus efficace pour augmenter les premiers stades de l’athérosclérose que les lipides [7] [8]. En 1940 [9] et 1941 [10], les mêmes résultats ont été publiés à nouveau. La caséine, une protéine d’origine animale (lait), était environ cinq fois plus efficaces ( ! ) qu’une protéine d’origine végétale (soja) pour provoquer une augmentation du cholestérol sérique dans les études expérimentales sur des animaux, comme ce fut plus tard résumé en 1983 [11]. Des résultats similaires ont été obtenus pour une autre protéine d’origine animale, la lactalbumine du lait de vache [12] quand elle a été comparée à deux protéines d’origine végétales, du maïs et du blé.

Dans des études cliniques en 1977 [13] et 1980 [14], les protéines d’origine animale avaient une incidence sur le cholestérol sérique beaucoup plus sensible que celle des graisses alimentaires. Les protéines d’origine animales, en tant que groupe, augmentent le taux de cholestérol sérique tandis que les protéines végétales, en tant que groupe, diminuent le cholestérol sérique [15]. Aussi, lorsque les protéines d’origine animale et les protéines d’origine végétale sont interverties, les niveaux de cholestérol sérique basculent en conséquence [16] [17], devenant hauts avec des protéines d’origine animale et devenant bas avec des protéines d’origine végétale. En bref, ces études et d’autres montrent de façon convaincante que les protéines d’origine animale promeuvent un cholestérol sérique élevé et une athérogenèse précoce de façon beaucoup plus importante que les protéines d’origine végétale et les lipides. Cependant, cet effet a été largement ignorée, bien que les premières observations de cet effet ont eu lieu il y a près d’un siècle et ont été maintes fois répétées depuis.

Les protéines animales et le cancer

Un phénomène similaire existe pour les effets expérimentaux de la consommation de protéines d’origine animale sur le cancer [18] [19]. De nombreuses études [20] [21], en particulier dans mon propre laboratoire, ont montré que la protéine d’origine animale caséine augmentait le développement du cancer chez les animaux de laboratoire tandis que les protéines d’origine végétale, le soja et le blé, diminuaient son développement. Ces résultats largement publiés aussi, ont été ensuite ignorés, bien que les mécanismes responsables de cet effet ont été documentés.

Un groupe d’experts de 13 scientifiques convoqué par la National Academy of Sciences des États-Unis a produit un rapport de 478 pages en 1982 sur l’alimentation, la nutrition et le cancer [20] et a souligné « l’importance d’inclure des fruits, des légumes et des produits céréaliers complets dans l’alimentation quotidienne ». Il a également été le premier groupe d’experts à recommander que les lipides soient diminués à seulement 30% des calories totales, et pas moins comme les preuves le justifiaient parce que le groupe a estimé qu’il pourrait suggérer une réduction de la consommation d’aliments à base de protéines animales (viande, lait et œufs) et de soumettre la crédibilité de ce rapport au risque politique.

Le problème du diabète

En 2009, un examen (une méta-analyse) de 10 grandes études de cohorte (433 070 participants) a montré une augmentation très significative de 26% des cas de diabète de type 2 avec une augmentation de 120 g de viande rouge par jour et une augmentation de 41% des cas de diabète de type 2 (380 606 participants) lorsque l’on compare à une faible consommation de viandes transformées [23]. Cela représente un nombre inhabituellement élevé de participants et un effet énorme pour des études qui ne comportaient pas pour comparaison un groupe d’étude avec nourriture entière et d’origine végétale sans viande et/ou d’autre aliments d’origine animale.

Les effets néfastes de la viande rouge

En 2012, des chercheurs de l’étude sur la santé des infirmières et infirmiers d’Harvard (Harvard Nurses’ Health Study) ont résumé les conclusions sur la consommation de viande rouge et la mortalité de deux grandes études bien connues, les études sur les infirmiers et infirmières et sur les médecins (23 926 décès, dont 5901 maladies cardiovasculaires et 9464 cancers, et près de 3 millions années de suivi). Ils ont conclu que « la consommation de viande rouge est associée à un risque accru du total de maladies cardiovasculaire et de mortalité due au cancer. Le remplacement d’autres sources de protéines saines pour la viande rouge est associée à un risque de mortalité inférieur « . Ils estimèrent que 9.3% des morts d’hommes et 7.6% de celles des femmes… pourraient être prévenues… si tous les individus consommaient « 0,5 part/jour de viande rouge ». Dans un réseau d’études cas-témoins, rapporté en 2013, 11 622 cas de 10 types différents de cancer ont été signalés pour les années 1991 à 2009 en Italie et en Suisse. Une augmentation moyenne du risque de cancer de 32% a été observée pour ceux qui consomment l’équivalent de 50 g de viande rouge / jour. [24].

Ces trois maladies dégénératives majeures (cœur, cancer et diabète) sont associées à l’augmentation de la consommation de la viande rouge. Les grandeurs de ces effets sont statistiquement tout à fait remarquables, surtout quand ces études n’incluent pas une comparaison avec le régime basé sur la nourriture complète d’origine végétale où l’effet observé serait très probablement plus grand, sur la base de la capacité de ce régime à inverser la majorité des diabètes et des cas de maladies cardiaques [25][26].

La question de l’ostéoporose

Jusqu’à présent une autre maladie relativement commune associée à des régimes à base de protéines animales est l’ostéoporose. En comparant les pays, de très impressionnantes corrélations positives existent pour les taux de fractures osseuses avec le calcium alimentaire [27] et les protéines animales [28]. Ensemble, ces deux nutriments expliquent le risque accru d’ostéoporose dues à l’augmentation de consommation de produits laitiers [22].

Très récemment, les résultats de plusieurs grandes études ou méta-analyses de groupes tels que des études sur l’homme sont devenues disponibles. Chacune de ces études a ses propres caractéristiques expérimentales uniques, qui comprennent 1) le nombre de participants, 2) la durée de la période d’observation, 3) le nombre et l’âge relatifs des hommes par rapport aux femmes, 4) l’appartenance ethnique, 5) différents paramètres d’exposition (consommation alimentaire, disparition, de rappel et biomarqueurs sanguins), 6) les résultats des maladies ( taux de mortalité par maladies spécifiques ou toutes causes confondues) et 7) critères pour les spécifications de groupes d’aliments (par exemple viande rouge transformée ou non transformée, d’autres groupes de viande, les produits laitiers, œufs). Chaque rapport, donc, sera unique et fournira sa propre estimation du risque de maladie en fonction de ces nombreux qualificatifs de style de vie (une gamme d’estimations est à prévoir). Les conclusions de ces études ont été examinées par les pairs et ont été rédigés par des chercheurs hautement compétents et expérimentés avec peu ou pas de conflits d’intérêts cachés.

Sans se perdre dans des minuties expérimentales (aussi importantes qu’elles soient), les constatations d’un échantillon des plus remarquables de ces études montrent que la consommation de viande rouge transformée ou non est significativement associée à une augmentation de la mortalité totale de 10 à 44% [29][30][31], à la mortalité due aux maladies cardiovasculaires de 18 à 28% [29] et au cancer de 10 à 32% [24][31]. Bien que ces résultats du risque de maladie accru par la consommation de viande soient généralement statistiquement significatives, elles peuvent sembler quelque peu modestes pour de nombreux observateurs.

Les avantages de la nourriture végétale

En revanche, les études d’intervention montrent que le passage d’un régime à base de viande (également riche en glucides raffinés) à un régime basé sur la nourriture complète d’origine végétale inverse les maladies cardiovasculaires de 90 à 100% des sujets [26][32]. De même, des études transversales inter-pays montrent une ampleur semblable de l’effet sur plusieurs cancers et les maladies cardiovasculaires. Autrement dit, les taux de cancer approchent 0 à 10% dans les pays où les lipides sont le plus bas, où les lipides (au total, graisses saturées et polyinsaturées ) sont un marqueur de substitution pour la consommation de nourriture animale et végétale [1]. En outre, les maladies cardiaques sont rares dans la Chine rurale quand la viande et d’autres produits d’origine animale sont très limités ou ne sont pas utilisés.

La question se pose alors de savoir pourquoi les études d’intervention et transversales indiquent une énorme contrôle de 90 à 100% (même de rémission) de la mortalité de la maladie en évitant la nourriture d’origine animale tandis que les grandes études prospectives suggèrent que, en évitant la viande, le risque de maladie est réduit seulement de 10 à 40%. Il y a plusieurs explications bien que la capacité des études de cohortes prospectives pour détecter un effet plus important et véritable est limitée par la conception habituelle de l’étude.

Un manque d’études adéquates

Tout d’abord, pas une seule grande étude de cohorte comprend des individus avec un régime basé sur une nourriture complète d’origine végétale, ainsi l’effet de ce mode de vie alimentaire ne peut pas être observé. Deuxièmement, les analyses des études de cohortes prospectives se concentrent sur l’estimation du risque pour les aliments ou nutriments isolés. Le véritable risque de maladie pour la viande va largement demeurer caché tant que les régimes sont relativement riches en nourriture à base de protéines animales. Le remplacement de la viande rouge par du poulet ou des produits laitiers, par exemple, est susceptible de ne montrer qu’un effet modeste par rapport à la viande rouge, car les risques de maladies pour chacun de ces aliments sont similaires.

Une conclusion apparait clairement : la consommation de viande rouge augmente de façon convaincante le risque de plusieurs maladies mortelles, un effet qui est assorti à d’autres aliments d’origine animale et par le transfert des aliments d’origine végétale.

Pour conclure

En résumé, ces quelques études ne sont qu’un petit échantillon d’un plus grand nombre d’études qui confirment encore cette conclusion. Les régimes contenant des protéines d’origine animale, donc de la viande rouge, sont associées à un fardeau de morbidité considérable, beaucoup plus que ce que la plupart des gens réalisent. Souvent, aussi, ces régimes comprennent également de la «malbouffe» qui est riche en glucides raffinés (sucre, farine raffinée), gras et en sel qui s’ajoutent au fardeau de morbidité. Se passer de ces régimes ne fait pas que prévenir, il traite aussi et inverse remarquablement vite la progression de la plupart de ces maladies.

Malheureusement, la preuve du résultat exceptionnel d’une alimentation sans viande et basée sur de la nourriture complète d’origine végétale est principalement obtenue à partir d’une évaluation complète des études qui sont souvent statistiquement contraintes de ne pas avoir de participant avec une nourriture complète d’origine végétale. C’est pourquoi très peu d’enquêtes sur le régime à base de nourriture complète d’origine végétale sont effectuées et rapportées, soit parce que 1) les enquêteurs eux-mêmes sont relativement ignorant et souvent incrédules à propos de cet effet, 2) le financement de cette recherche est presque inexistant et/ou parce que 3) il y a beaucoup trop peu de participants pour ces études. Une grande partie de ce problème existe en raison de l’enthousiasme exprimé pour les protéines à propos desquels environ 95% de la population consomme plus de protéines que nécessaire, ce qui conduit à un régime compromettant ainsi de nombreux autres nutriments. En ajoutant de plus en plus de protéines dans notre alimentation, et presque toujours en les obtenant à partir d’aliments d’origine animale, nous créons plusieurs problèmes nutritionnels et il devient ensuite difficile de déterminer les causes des maladies. Cela commence avec de la viande, se propage à d’autres aliments d’origine animale et rapidement implique l’épuisement des bénéfices de santé donné par les nutriments d’origine végétale. Nous nous concentrons alors sur les nutriments isolés et à leurs différentes contributions dans notre vie quotidienne. Mais nous faisons aussi la même chose dans la recherche professionnelle, seulement pour augmenter la confusion et diminuer notre capacité à voir «l’éléphant dans la pièce».

Ce malentendu est un problème grave et est une raison majeure pour laquelle tant de gens trouvent qu’il est si difficile de reconnaître le pouvoir de la nutrition à guérir, quand la nutrition est considérée de manière complète [« when nutrition is applied wholistically »], comme c’est le cas avec un régime basé sur des aliments entiers d’origine végétale. Si nous comprenons et profitons des avantages de la nutrition correctement, notre capacité à résoudre des problèmes sociétaux et environnementaux dépasse presque l’entendement.

Notes :

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2. Armstrong, D. & Doll, R. Environmental factors and cancer incidence and mortality in different countries, with special reference to dietary practices. Int. J. Cancer 15, 617-631 (1975).

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4. Keys, A. Coronary heart disease in seven countries. Circulation Suppl. 41, I1-I211 (1970).

5. Keys, A. Seven countries. A multivariate analysis of death and coronary heart disease. (Harvard University Press, 1980).

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8. Newburgh, L. H. & Clarkson, S. The production of arteriosclerosis in rabbits by feeding diets rich in meat. Arch. Intern. Med. 31, 653-676 (1923).

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10.Meeker, D. R. & Kesten, H. D. Effect of high protein diets on experimental atherosclerosis of rabbits. Arch. Pathology 31, 147-162 (1941).

11. Kritchevsky, D., Tepper, S. A., Czarnecki, S. K., Klurfeld, D. M. & Story, J. A. in Current Topics in Nutrition and Disease, Volume 8: Animal and Vegetable Proteins in Lipid Metabolism and Atherosclerosis (eds D Kritchevsky & M.J. Gibney) 85-100 (Alan R. Liss, Inc., 1983).

12. Kritchevsky, D., Tepper, S. A., Czarnecki, S. K. & Klurfeld, D. M. Atherogenicity of animal and vegetable protein. Influence of the lysine to arginine ratio. Atherosclerosis 41, 429-431 (1982).

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15. Carroll, K. K. in Animal and Vegetable Proteins in Lipid Metabolism and Atherosclerosis (eds M.J. Gibney & D. Kritchevsky) 9-17 (Alan R. Liss, Inc., 1983).

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