Le sucre sur les étiquettes alimen­taires

En France, la réglementation oblige de mentionner la présence et la quantité de sucre sur les étiquettes alimentaires. Cela donne une indication mais n’est pas forcément suffisant.

Qu’est-ce que le sucre ?

Le sucre est certainement ce sur quoi il y a le plus de confusion en ce qui concerne l’alimentation.

Au sens commun, et au sens réglementaire, le terme sucre au singulier désigne le saccharose pure tel qu’on le trouve dans le sucre raffiné industriellement. C’est le sucre de table, roux ou blanc.

Le problème est que le terme est aussi utilisé au pluriel, accompagné ou non d’un qualificatif. On parle par exemple de sucres simples, de sucres complexes, et pendant longtemps (alors que c’était erroné), on a parlé de sucres rapides et de sucres lents, etc.

Difficile d’y voir clair dans ces conditions. Et ce ne sont pas les étiquetages alimentaires qui aident à s’y retrouver.

Ce qu’on retrouve sur les étiquettes alimentaires

De manière générale (et réglementaire), on retrouve en France sur les étiquettes la mention :

   Glucides : X g
              dont sucres : X g

De quoi s’agit-il dans ces cas-là ?

Le terme glucides regroupe dans ce cas autant l’amidon que le saccharose ou bien le glucose et le fructose (et d’autre encore). Autrement dit, il y a presque tout, y compris les sucres complexes.

La mention dont sucres regroupe quant à elle seulement le saccharose et le glucose ou le fructose. Autrement dit, seulement les sucres simples (monosaccharides ou disaccharides).

Le premier problème est qu’on a un terme dont sucres qui exclue ce que l’on regroupe communément sous la notion de sucres complexes. Ce n’est pas très logique et cela n’aide pas à une bonne compréhension des choses.

Le second problème, essentiel, est que ce terme dont sucres regroupe tous aussi bien des sucres simples présents naturellement (par exemple avec les fruits) que du saccharose raffiné industriellement et ajouté dans le produit.

Autrement dit, on mélange un peu tout et n’importe quoi, sans que cela aide vraiment à établir un avis quant au contenu du produit. Cette confusion est très utile aux industriels du sucre raffiné (saccharose pure) pour empêcher la population d’y voir clair.

Les fibres

Pour ajouter encore à la confusion, il y a la question des fibres alimentaires. D’un point de vue biochimique, les fibres (par exemple le cellulose) sont considérées comme étant des glucides.

Seulement ces glucides ne sont pas utilisables par le métabolisme énergétique (mais elles ont néanmoins un rôle important). En France, les étiquettes alimentaires séparent donc les fibres de la catégorie des glucides.

Tel n’est pas le cas aux États-Unis par exemple, où on utilise le terme hydrates de carbone (carbohydrates ou carbs) dans lequel on inclut les fibres. Leurs étiquettes reviennent donc à écrire:

  • glucides,
    – dont fibres
    – dont sucres

L’indice glycémique

Les étiquettes alimentaires ne sont pas utiles pour déterminer si un produit contient beaucoup de « sucre » raffiné (qu’il faut éviter), ou au contraire si la mention « dont sucres » évoque surtout des « sucres » simples présent naturellement, provenant des fruits du produit par exemple.

Une information vraiment utile (notamment pour lutter contre le diabète et le surpoids) serait d’indiquer l’Indice Glycémique, ou mieux la Charge Glycémique.

L’indice glycémique détermine la capacité d’un aliment à augmenter la glycémie (le taux de sucre) de l’organisme. Plus l’indice est élevé, comme pour le sucre blanc ou la baguette de pain blanc, plus l’aliment augmente la glycémie.

Cela permet d’identifier rapidement et simplement les produits industriels raffinés qui sont néfastes, qui sont justement de véritables bombe à insuline, la cause principale du surpoids et du diabète.

La mention sans sucre ajouté

La seule mention véritablement utile d’un point de vue informatif aujourd’hui en France est la mention sans sucre ajouté.

On la retrouve en général affichée en grand à l’avant des paquets. Cela signifie de manière très précise qu’il n’y a pas eu de saccharose raffiné industriellement ajouté dans le produit. Seuls les sucres naturellement présents dans les composants du produit sont présents.

Faut-il éviter tous les sucres ?

Le problème avec ces confusions autour du sucre est que des généralisations ont été faites. Cela peut conduire à exclure des aliments pourtant bénéfiques comme les fruits. Et au contraire, à ne pas se méfier d’autre aliments pourtant critiquables tels que la plupart des céréales de petit-déjeuner.

Une méfiance générale s’est répandue vis-à-vis des sucres, autrement dit des sucres simples . Or ceux-ci composent principalement les fruits et ils ne sont absolument pas néfastes, et encore moins comparables au sucre (saccharose) raffiné industriellement.

De manière générale, il faut privilégier les produits indiquant la mention céréales complètes, ou encore riche en fibres. Cela signifie souvent que le produit ne contient pas ou peu de sucre ajouté et qu’il a une charge glycémique convenable.

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